
Chanson hommage à un défunt pour la Toussaint : l'histoire d'une famille
Par Camille Laurent — Autrice-compositrice au sein de l'équipe Songive.
Mis à jour 8 min de lectureOccasions
Une chanson hommage à un défunt garde une voix, un geste, une habitude, sans figer la personne. Voici l'histoire d'une famille du Jura qui voulait quelque chose à écouter dans la voiture, avant de poser les chrysanthèmes. Sobre, sans certitude religieuse, et honnête sur les larmes.
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Une chanson hommage à un défunt est une chanson écrite pour une personne précise qui n'est plus là, à partir de ce que ses proches en racontent. Elle ne remplace rien. Elle garde une voix, un geste, un mot de patois, le son d'un instrument, et elle se range quelque part où on peut la rouvrir. C'est ce qu'une famille du Jura nous a demandé l'automne dernier.
Ce qu'est une chanson hommage à un défunt : une chanson personnalisée écrite pour quelqu'un qui est décédé, construite autour de souvenirs réels fournis par la famille. On l'écoute en privé, à son rythme. Elle n'impose aucun cadre religieux et ne prétend rien dire à la place de ceux qui restent.
La demande, telle qu'elle est arrivée
Fin octobre, une femme nous écrit pour son grand-père, mort au printemps. La famille est éparpillée entre le Jura et la région lyonnaise. Pour la Toussaint, tout le monde remonte. Les enfants sont en vacances scolaires, alors on fait le trajet, on se retrouve, on va au cimetière poser les chrysanthèmes sur la tombe de papi, puis on partage un repas chez une tante.
Elle ne voulait pas d'une chanson à diffuser au cimetière. L'idée l'a mise mal à l'aise. Elle voulait l'écouter avant, dans la voiture, sur la route qui monte. Une fois. Peut-être deux. Pour arriver autrement devant la pierre.
Voici, en gros, ce qu'elle nous a confié :
« Papi tenait un petit atelier de menuiserie. Il nous appelait tous ses « petiots ». Il jouait de l'accordéon le dimanche, toujours les mêmes trois airs, jamais rien de nouveau. Il râlait contre le temps, contre la télé, jamais contre nous. Il gardait des bonbons à la violette dans la poche de son gilet. On voudrait une chanson douce, pas triste à pleurer, qui ressemble à lui. Pas de prière, on n'est pas croyants. »
Ce qu'on y a entendu
Un brief comme celui-là nous donne déjà tout. Pas besoin d'en rajouter. Quand une demande arrive sur notre bureau, on cherche d'abord les choses concrètes, celles qui n'appartiennent qu'à cette personne-là.
Trois éléments nous ont sauté aux yeux.
Le mot « petiots », d'abord. Un mot de chez lui, un reste de patois franc-comtois qu'il employait sans y penser. On l'a gardé tel quel, au centre d'un refrain. C'est le genre de détail qui fait qu'une famille reconnaît son propre grand-père et pas un grand-père en général.
L'accordéon, ensuite. On ne l'a pas imité note pour note, mais on a posé l'arrangement sur une couleur qui rappelle le dimanche après-midi, sans tomber dans le bal-musette. Une chanson autour d'un prénom et de ces petites choses tient mieux quand l'instrument raconte lui aussi quelque chose.
Et les bonbons à la violette. Un objet minuscule. On l'a glissé dans un couplet, presque en passant, parce que ce sont ces riens-là qui font monter quelque chose dans la gorge, bien plus qu'un grand mot sur la mort.
Comment ça s'est passé, côté famille
Du côté de la personne qui commande, c'est volontairement simple. On ne voulait pas ajouter une tâche lourde à un deuil encore frais.
Elle a écrit un court texte sur son grand-père. Quelques phrases suffisent : le prénom, le mot de patois, l'accordéon, les bonbons, le ton voulu (doux, pas larmoyant), et l'exclusion claire de tout cadre religieux. Elle a mis dix minutes. C'est tout ce que la page de création demande.
Elle a reçu les paroles d'abord. On envoie toujours le texte avant la chanson finie. Là, elle a demandé un seul changement : remplacer « parti » par « plus là », parce que « parti » lui donnait l'impression qu'il reviendrait. On a corrigé dans la journée.
Puis la chanson est arrivée. Une version chantée, prête à écouter sur le téléphone, à mettre dans la voiture. Elle l'a gardée pour elle quelques jours, puis l'a partagée avec ses frères la veille du départ. L'exemple que vous pouvez écouter plus haut donne à peu près ce ton : sobre, chaleureux, sans effet de manche.
Le 1er novembre
Elle nous a réécrit après. On ne demande jamais de retour, mais celui-là, on l'a gardé.
Ils l'ont écoutée dans la voiture, sur la départementale, entre les champs déjà gris. Personne n'a parlé. Tout le monde a pleuré, dit-elle, et c'était bien ainsi. Arrivés au cimetière, ils ont posé les chrysanthèmes sans musique, en silence. La chanson avait fait son travail avant. Au repas, un oncle a demandé à la réentendre. Ils ont dit non, pas tout de suite. Une fois leur suffisait pour ce jour-là.
C'est une chose qu'on respecte : certaines chansons ne sont pas faites pour tourner en boucle. Elles sont faites pour être là, disponibles, et pour qu'on choisisse quand les rouvrir.
Ce qu'une chanson garde que les autres cadeaux ne gardent pas
Il y a plusieurs façons de rendre hommage. Aucune n'est meilleure dans l'absolu. Voici comment elles se comparent sur ce qui comptait pour cette famille.
| Option | Personnel à ce grand-père | Prêt pour la Toussaint | Peut se garder et se rouvrir |
|---|---|---|---|
| Songive | Oui, écrite sur son patois et son accordéon | Oui, en quelques jours | Oui, fichier à garder |
| Chanson reprise au cimetière | Non, générique | Oui | Oui mais rien de propre à lui |
| Playlist de ses airs d'accordéon | Un peu, c'est ce qu'il aimait | Oui | Oui |
| Livre de souvenirs fait main | Oui, très | Long à préparer | Oui |
| Discours lu devant la tombe | Oui | Oui | Rarement, il reste rarement écrit |
Si vous hésitez encore sur le format, nous avons aussi écrit sur le choix entre une chanson personnalisée et une reprise pour ce genre de moment.
Que mettre dans le petit texte sur la personne
Quatre choses nous aident vraiment à écrire juste. Pas besoin de plus.
Un mot ou une expression qui n'appartenait qu'à lui. Chez cette famille, c'était « petiots ». Un surnom, un juron doux, un tic de langage régional. C'est ce qui rend la chanson reconnaissable entre toutes.
Un geste ou une habitude concrète. L'accordéon du dimanche, les trois mêmes airs. Un objet dans une poche. Une manière de s'asseoir. Les habitudes disent une personne mieux que les grands qualificatifs.
Le ton que vous voulez, et ce que vous ne voulez pas. « Doux, pas triste à pleurer » nous a tout dit. Précisez aussi l'absence de religion si c'est votre cas : on ne suppose jamais.
Pour quand et pour qui. « À écouter dans la voiture avant le cimetière, en famille » change l'écriture. Une chanson pour un trajet n'est pas la même qu'une chanson pour un grand rassemblement.
Questions fréquentes
Est-ce déplacé d'offrir une chanson pour quelqu'un qui est décédé ?▾
Non, à condition qu'elle reste sobre et fidèle à la personne. Beaucoup de familles trouvent qu'une chanson garde une voix et des habitudes mieux qu'un objet. Elle s'écoute en privé, au moment choisi, sans obligation de la partager.
Faut-il l'écouter au cimetière le jour de la Toussaint ?▾
Pas du tout, et beaucoup préfèrent l'éviter. La famille dont nous parlons l'a écoutée dans la voiture, avant d'arriver. Posez les chrysanthèmes en silence si c'est plus juste pour vous ; la chanson peut faire son travail avant ou après.
La chanson peut-elle éviter toute référence religieuse ?▾
Oui, c'est à vous de l'indiquer et nous le respectons. Si vous précisez que la famille n'est pas croyante, aucune prière ni image religieuse n'apparaîtra. Nous écrivons uniquement à partir de ce que vous nous confiez.
Combien de temps avant la Toussaint faut-il s'y prendre ?▾
Quelques jours suffisent en général. Vous recevez d'abord les paroles, que vous pouvez faire ajuster, puis la chanson chantée. Comptez une petite semaine pour être tranquille si vous voulez l'avoir avant le 1er novembre.
Et si un mot du texte ne nous convient pas ?▾
Vous recevez les paroles avant la version finie, précisément pour ça. Une famille a demandé à remplacer « parti » par « plus là », et c'était corrigé le jour même. Un mot mal choisi peut changer tout le ressenti ; on l'ajuste.